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Optométriste, orthoptiste, opticien : où en est la reconnaissance en Belgique ?

TR
Thomas Renard
Optique Renard, Bruxelles·20 mai 2026·3 min de lecture·13 vues

Le paysage des métiers de la vision en Belgique a été profondément remanié depuis l'arrêté royal du 7 octobre 2022. Trois ans plus tard, le cadre se stabilise — petit point d'étape.

Trois métiers, deux statuts

  • Opticien : profession à accès réglementé (économie/commerce), gérée par les Régions. Compétence technique et commerciale — vente, montage, ajustement.
  • Optométriste : profession paramédicale de santé, reconnue par le SPF Santé publique. Examen de la vue, détection d'anomalies, équipement.
  • Orthoptiste : profession paramédicale de santé, axée sur le diagnostic et la rééducation des troubles oculomoteurs et sensoriels.

La nuance qui pique encore les débats : un opticien n'est pas automatiquement optométriste. Pour utiliser le titre d'optométriste, il faut un agrément du SPF Santé publique.

Le truncus communis

La nouveauté pédagogique : un tronc commun dans le cursus Bachelier optique-optométrie, suivi d'une option qui donne accès soit au titre d'optométriste, soit à celui d'orthoptiste. Objectif : éviter les silos entre deux professions qui se recoupent partiellement, notamment sur le screening visuel pédiatrique.

Conditions d'agrément

Pour décrocher le titre d'optométriste, il faut :

  1. Bachelier en optique-optométrie d'au moins 180 crédits ECTS, programme conforme à l'art. 3 de l'AR du 7/10/2022.
  2. Stages cliniques validés selon le référentiel SPF.
  3. Demande d'agrément auprès du SPF Santé publique — dossier de qualification.
  4. Reconnaissance par la Communauté (FWB ou Flamande selon le lieu d'exercice).

Période transitoire

Les professionnels déjà en exercice avant l'entrée en vigueur de la loi peuvent prétendre à un agrément par équivalence sur base d'années d'expérience documentées + formation continue. Le délai pour rentrer son dossier varie selon la Communauté — vérifier auprès de l'AVIQ (Wallonie), VG (Flandre) ou COCOM (Bruxelles).

Ce que ça change concrètement

  • L'examen de réfraction par un optométriste agréé est désormais reconnu comme un acte de santé, mais n'ouvre pas droit au remboursement INAMI des verres : la prescription médicale d'un ophtalmologue reste exigée pour ça.
  • Un opticien sans titre d'optométriste peut continuer la délivrance et l'ajustement, mais ne peut pas réaliser un examen de réfraction présenté comme paramédical (la nuance commerciale/santé reste juridique).
  • Les assurances complémentaires commencent à différencier les forfaits selon que le contrôle est fait par un optométriste agréé ou non — à surveiller dans les conventions.

Le sujet qui chauffe

La profession milite pour une élargissement des actes de l'optométriste vers le screening glaucome, la rétinographie non-mydriatique et le dépistage DMLA. Ce n'est pas encore dans les textes belges (contrairement à ce qui se fait aux Pays-Bas ou au Royaume-Uni), mais le dossier avance à l'APAFO et chez Optometry Belgium.

Question ouverte à la communauté : vous, dans votre magasin, comment vous présentez la différence opticien / optométriste à un client qui vient pour un "contrôle de la vue" ?

Sources : SPF Santé publique — Nouveau cadre législatif orthoptiste/optométriste ; AR du 7 octobre 2022 relatif à l'exercice des professions paramédicales d'orthoptiste et d'optométriste ; Trajektoire.be — Métier optométriste 2025.

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