Optométriste, orthoptiste, opticien : où en est la reconnaissance en Belgique ?
Le paysage des métiers de la vision en Belgique a été profondément remanié depuis l'arrêté royal du 7 octobre 2022. Trois ans plus tard, le cadre se stabilise — petit point d'étape.
Trois métiers, deux statuts
- Opticien : profession à accès réglementé (économie/commerce), gérée par les Régions. Compétence technique et commerciale — vente, montage, ajustement.
- Optométriste : profession paramédicale de santé, reconnue par le SPF Santé publique. Examen de la vue, détection d'anomalies, équipement.
- Orthoptiste : profession paramédicale de santé, axée sur le diagnostic et la rééducation des troubles oculomoteurs et sensoriels.
La nuance qui pique encore les débats : un opticien n'est pas automatiquement optométriste. Pour utiliser le titre d'optométriste, il faut un agrément du SPF Santé publique.
Le truncus communis
La nouveauté pédagogique : un tronc commun dans le cursus Bachelier optique-optométrie, suivi d'une option qui donne accès soit au titre d'optométriste, soit à celui d'orthoptiste. Objectif : éviter les silos entre deux professions qui se recoupent partiellement, notamment sur le screening visuel pédiatrique.
Conditions d'agrément
Pour décrocher le titre d'optométriste, il faut :
- Bachelier en optique-optométrie d'au moins 180 crédits ECTS, programme conforme à l'art. 3 de l'AR du 7/10/2022.
- Stages cliniques validés selon le référentiel SPF.
- Demande d'agrément auprès du SPF Santé publique — dossier de qualification.
- Reconnaissance par la Communauté (FWB ou Flamande selon le lieu d'exercice).
Période transitoire
Les professionnels déjà en exercice avant l'entrée en vigueur de la loi peuvent prétendre à un agrément par équivalence sur base d'années d'expérience documentées + formation continue. Le délai pour rentrer son dossier varie selon la Communauté — vérifier auprès de l'AVIQ (Wallonie), VG (Flandre) ou COCOM (Bruxelles).
Ce que ça change concrètement
- L'examen de réfraction par un optométriste agréé est désormais reconnu comme un acte de santé, mais n'ouvre pas droit au remboursement INAMI des verres : la prescription médicale d'un ophtalmologue reste exigée pour ça.
- Un opticien sans titre d'optométriste peut continuer la délivrance et l'ajustement, mais ne peut pas réaliser un examen de réfraction présenté comme paramédical (la nuance commerciale/santé reste juridique).
- Les assurances complémentaires commencent à différencier les forfaits selon que le contrôle est fait par un optométriste agréé ou non — à surveiller dans les conventions.
Le sujet qui chauffe
La profession milite pour une élargissement des actes de l'optométriste vers le screening glaucome, la rétinographie non-mydriatique et le dépistage DMLA. Ce n'est pas encore dans les textes belges (contrairement à ce qui se fait aux Pays-Bas ou au Royaume-Uni), mais le dossier avance à l'APAFO et chez Optometry Belgium.
Question ouverte à la communauté : vous, dans votre magasin, comment vous présentez la différence opticien / optométriste à un client qui vient pour un "contrôle de la vue" ?
Sources : SPF Santé publique — Nouveau cadre législatif orthoptiste/optométriste ; AR du 7 octobre 2022 relatif à l'exercice des professions paramédicales d'orthoptiste et d'optométriste ; Trajektoire.be — Métier optométriste 2025.
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